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lundi 9 novembre 2015

A0698 Les langages orientés objet ne sont pas assez sémantiques et c'est dramatique

A première vue, c'est sympathique: avec les langages orientés objet on modélise le monde en définissant des classes d'objets, qui déclarent les attributs des objets, formant des triplets ou prédicats de fort bon goût:

Paul.age = 43
Pierre.chef = Paul

Un bon matériau pour installer toutes les capacités de la programmation logique ou des réseaux / graphes sémantiques.

Mais bien sûr il n'en est rien. Demander par exemple la liste de toutes les personnes ayant 43 ans, qui pourrait s'écrire: (détails de syntaxe mis à part)

X Classe Personne
X age 43

est hors de question   (Ça m'intéresserait d'ailleurs bien de savoir comment on fait en pratique ... Ce que j'ai vu d'approchant dans des codes industriels est une pure horreur, mais il y a surement des experts en élégance !)

Un autre  malheur est que, pour animer tout ces objets, il faut d'une part construire des objets et d'autre part leur appliquer des méthodes, ceux deux choses ayant la forme d'une simpliste suite de paramètres:

Objet.Methode (P1, P2, P3, P4)

 ou

Classe (P1,P2,P3)

Cela est d'une pauvreté innommable, - c'est le moins qu'on puisse dire.

La sémantique des différents paramètres n'est donnée que par leur position dans la liste..., donc par une information  connue de la seule tête du programmeur et totalement absente du code du programme. Au moins en COBOL chaque zone de données avait un nom.

Le minimum quand même serait que les appels de méthodes ou de constructeurs soient considérés comme des objets eux-mêmes, dans lesquels on dirait de manière articulée et exploitable que le premier paramètre est la  pression de tel tuyau, le second le prix d'achat d'un kilo de sel, le troisième le nom du cheval, etc ... (auquel cas l'ordre n'aurait évidemment aucune importance, alors qu'il est la clé de tout ici)

Les paramètres ont bien un nom à l'intérieur, mais pas à l'extérieur . Or, comme chacun sait depuis les années 1960, la clé du génie logiciel est la description externe et non interne des entrées et sorties d'un module ou composant.

Comme illustration de ces exigences minimales non satisfaites, voilà ce que disent les premières pages d'un cours Java  à nos chères têtes blondes pour leur faire aimer l'informatique, -pardon le "codage"-:

Attention il vous faudra respecter scrupuleusement l'ordre des paramètres passés lors de l'initialisation de votre objet : sinon, c'est l'erreur de compilation à coup sûr ! Ainsi :
//L'ordre est respecté -> aucun souci
Ville ville1 = new Ville("Marseille", 123456789, "France");
//Erreur dans l'ordre des paramètres -> erreur de compilation au final
Ville ville2 = new Ville(12456, "France", "Lille");

Dans cette lamentable absence  de sémantique dans les langages orientés objet (utilisés dans 95% des applications actuelles) se  trouve la source:

-- de la répulsion croissante des jeunes pour la programmation
-- de l'éternelle "crise du logiciel" (expression créée en  1968 par Edsger Dijkstra) et des catastrophes informatiques et financières qui en découlent
-- de l'extrême difficulté de passer d'une spécification en langage naturel à un codage informatique. (et de l'impossibilité totale d'effectuer le chemin inverse ...)

NB: l'extrait ci-dessus vient d'un endroit où vous trouverez bien d'autres passages désopilants ou repoussants:

https://openclassrooms.com/courses/apprenez-a-programmer-en-java/votre-premiere-classe

(trouvé en tête des résultats Google hors publicité)

Il y a des jours où je me dis  que les langages de programmation usuels sont manipulés par une bande de complotistes  ennemis du progrès technique.
.






dimanche 17 mai 2015

A0466 Enseigner l'informatique à l'école pendant 15 ans ou pendant 48 heures de Hackathon ?

Ainsi donc, l'enseignement de l'informatique commencera au CE2.

Jusqu'au bac, ça fera juste 10 ans d'informatique. Et 15 ans par exemple pour les ingénieurs informaticiens.

Donc: imaginez un cours d'informatique qui dure 15 ans.

Je suis sûr qu'il y a en ce moment des gens bien intentionnés qui se disent:

"Bon sang mais c'est bien sûr, il faut enseigner les big data dès le CE2"

On sent bien que ça n'a pas grand  sens. Mais alors on enseigne quoi, année après année, pendant 15 ans (quinze ans).

Une piste: se caler sur les mathématiques, qui ont déjà traité le problème. On commence à apprendre à compter en petite section de maternelle, on fait les polynomes, les équations, les fonctions trigonométriques bien plus tard, et tout le monde trouve ça très naturel.

Nous avons un mal fou à imaginer la même chose en informatique.  Nous avons envie  d'enseigner la programmation objet ou la programmation logique à l'école primaire. (Si, si, je l'ai fait ...)

 Une autre piste: enseigner l'informatique selon une perspective historique et chronologique. On commence par la mécanographie: faire des comptages, des totaux, des tris, avec des cartes perforées. Ensuite, on commence à programmer, avec des câbles et des interrupteurs, comme dans les années cinquante, ensuite l'assembleur, ensuite FORTRAN, ensuite on attaque les années soixante ...

En histoire, on commence bien par l'Antiquité en 6 ème.

Ne souriez pas.

Sinon, on commence par enseigner HTML5 en CE2. Et en CM1 on fait quoi ?
Sinon, on commence le manuel ISN de terminale en CE2 ? Et on fait une option hacking en 6 ème (en parallèle avec les Lumières ?).

Dites-vous qu'aujourd'hui on n'enseigne presque plus la compilation, ni l'écriture de systèmes d'exploitation. En quinze ans, ou bien on l'enseignera à nouveau -quand- ou bien on fait quoi ?

Une autre considération, une autre approche:

Quand on enseigne l'addition et la soustraction en CP, ça sert  tout de suite aux enfants dans la vie courante. Compter ses sous, ses amis, ses images, les partager, les mettre en commun

Quelle informatique enseignée en CE2 serait tout de suite utile aux enfants de 9 ans ? Compter ses amis sur Facebook, organiser  la logistique d'un gouter en fonction de tout un tas de paramètres ? On parle bien ici de programmer, et non d'utiliser une application qui ferait le boulot. On voit bien ici qu'enseigner l'informatique suppose de  changer l'informatique, d'inventer une informatique enseignable.

Enseigner l'informatique dès le CE2 suppose de changer l'informatique.

Pourquoi pas. Sinon quoi ?

Sinon, on fait comme aujourd'hui: on enseigne le développement d'applications mobiles au dernier semestre des études supérieures, et les jeunes diplômés sont embauchés juste à cause de ça, parce qu'ils connaissent les dernières librairies ou frameworks à la mode de l'année; embauchés parce que les embauchés de l'année précédente sont déjà en retard sur l'actualité, ils sont devenus chefs de projet et gèrent les relations contractuelles avec leurs clients ou la maintenance de leur déjà vieux  code.

 Ce scénario actuel, -qui est conforté par l'injonction à l'innovation permanente, à la pédagogie par projets, aux hackathons où l'on apprend en 48h tout ce qui est nécessaire pour plaire-  ce scénario actuel est aux antipodes de la décision d'enseigner l'informatique à tous pendant 10 ans et aux informaticiens pendant 15 ans.

Alors, on fait quoi ?


lundi 23 février 2015

A0616 Différence entre langages impératifs et langages déclaratifs

Les langages impératifs, ce sont les langages classiques, comme Java, C#, C++, etc

Les langages déclaratifs, ce sont les langages basés sur la logique, comme PROLOG ou DATALOG, ou les langages à base de contraintes.

Dans un langage impératif, on dit ce que l'on fait

Dans un langage déclaratif, ont dit ce que l'on veut

Programmer en langage déclaratif, c'est expliquer à la cuisinière ce que l'on veut

Programmer en langage impératif, c'est faire soi-même la cuisine

99,9% des programmeurs choisissent la seconde solution.


Pour arriver à un résultat final précis pour le diner,  le langage déclaratif demande beaucoup plus de réflexion, de maîtrise, de connaissance en profondeur du domaine, d'anticipation.

Nous sommes ici dans un cas où dire est plus difficile que faire.

On peut voir aussi ce choix de presque tous les programmeurs comme une illustration  du  théorème des 15 minutes maximum de réflexion:

http://plexus-logos-calx.blogspot.fr/2009/10/a0018-theoreme-des-15-minutes-maximum.html

Bien sûr, comme presque personne ne programme en langage déclaratif, il existe peu d'environnements de développement, de communautés de développeurs, comme on en trouve à profusion pour les langages impératifs, ce qui est une autre bonne raison de continuer à travailler plus pour réfléchir moins.

dimanche 15 février 2015

A0612 La paye des fonctionnaires: toujours et encore des catastrophes informatiques

Voir:

http://www.lepoint.fr/economie/logiciel-de-paye-des-fonctionnaires-l-incroyable-naufrage-11-02-2015-1904058_28.php

Près de 400 millions d'euros partis en fumée dans un projet informatique.

Imaginez leur utilisation pour financer des start-up françaises ...

Ca n'est pas la première catastrophe informatique; voir mon fil:

http://plexus-logos-calx.blogspot.fr/search/label/Catastrophe%20Informatique

A propos de tels naufrages, je rappelle ma position: ceci n'est pas d'abord du à l'incurie des maîtrises d'ouvrage et de la gouvernance des projets, mais à l'insuffisance de la théorie, de la pratique, bref de la nature de l'informatique. A l'évidence,  ll  faudrait, il faut,  une autre informatique pour réussir de tels projets.

Mais personne ne le dit, surtout pas la profession informatique ! Vous entendez le CIGREF, le SYNTEC, l'AFDEL, la SIF, l'INRIA sur la question ?

Non, au contraire tout va bien, l'avenir nous appartient, comme l'indique cet article paru sur les mêmes pages que le précédent:

http://www.informatiquenews.fr/techdays-2015-le-machine-learning-pour-predire-lavenir-30016

Dommage qu'ils ne prédisent pas les catastrophes informatiques.

L'informatique ne marche pas, vive le numérique !

samedi 31 janvier 2015

A0605 Pourquoi je suis déçu par l'évolution de l'informatique

J'ai commencé l'informatique il y a 47,5 ans.

Savez-vous comment il faut faire en 2015 pour pouvoir écrire en Java (le plus populaire des langages objet) des programmes qui manipulent directement une base de données SQL (le plus populaire des outils pour gérer des bases de données) ?

Savez-vous comment il faut faire dans ces conditions pour poser la question:

"retrieve all Product objects that have a price below 150.00"

Pour le savoir, allez voir ce lien:

http://www.datanucleus.org/products/accessplatform_2_2/guides/jdo/tutorial.html

(s'il vous plaît lisez jusqu'au bout)


Vous comprenez maintenant pourquoi les jeunes ne veulent pas faire de l'informatique, pourquoi il n'y a aucune sécurité sur Internet, pourquoi il y a tant de catastrophes informatiques (voir  le fil http://plexus-logos-calx.blogspot.fr/search/label/Catastrophe%20Informatique 
)

Je ne suis pas complotiste, mais il y a des moments, je me demande s'il n'y a pas des gens qui font tout pour nous mettre dans cette situation.

Il y a 45 ans, Jean-Raymond Abrial nous enseignait à Grenoble son système de gestion de bases de données SOCRATE, c'était tout de même autre chose.

Donnez-moi des raisons de ne pas être déçu.

Bon, cette déception est tout de même une bonne raison pour se mettre au boulot.

Et voici le fond de ma pensée de chercheur:

http://plexus-logos-calx.blogspot.fr/2015/02/a0606-les-chercheurs-satisfaits-quelle.html


mercredi 26 novembre 2014

A0579 A propos d'un vieux papier sur la gestion des connaissances avec IDELIANCE: peut-on supprimer les documents ? Et peut-on supprimer les applications ?

Je viens de retrouver par hasard -si, si, je vous assure, le temps défile tellement vite à l'ère numérique  ...- et de déposer sur SLIDESHARE un article écrit en 2006 qui décrivait dix ans d'expérience d'utilisation du logiciel IDELIANCE en gestion des connaissances personnelles et collectives.

Voir: http://fr.slideshare.net/Jean_Rohmer/jeanrohmer-sdc2006

Au départ, dès 1993, IDELIANCE était un PIMS "Personal Information Management System", puis est devenu un serveur  HTTP  de gestion de connaissances collectives.

Idéliance est un précurseur du Web Sémantique, et il a offert dès l'origine un environnement collaboratif d'édition et de requête de réseaux sémantique, qui n'a hélas pas trouvé d'équivalent aujourd'hui.

Il a été utilisé dans des dizaines de grandes d'entreprises, toujours par des gens "métier", et d'unités de Renseignement Militaire.

Une poignée de personnes continue de l'utiliser, car elles ne trouvent rien qui puisse le remplacer ...

Une idée radicale de Idéliance est que les réseaux sémantiques, -ou triplets Sujet / Verbe / Complément - doivent servir à remplacer les documents, et pas seulement à les décrire par des métadonnées.

On trouvera dans  http://fr.slideshare.net/Jean_Rohmer/ideliance-semantic-network-2000
 une description détaillée de la philosophie de IDELIANCE, datant de l'an 2000.

Les outils sémantiques seront des Doc Killers ou ne seront pas.

On déplore souvent l'absence d'une Killer App pour le web sémantique.

C'est une profonde erreur: les outils sémantiques doivent être au contraire des App Killers, et faire disparaître la notion d'application de même qu'ils doivent faire disparaître la notion de document.

Les outils sémantiques seront des App  Killers ou ne seront pas.

Faisons moins d’ingénierie et plus de sémantique. C'est ce que l'écosystème "Web Sémantique" a du mal à comprendre depuis bientôt 15 ans.

Bon, il va falloir se mettre à rédiger sérieusement un manifeste sémantique suffisamment révolutionnaire.




dimanche 26 octobre 2014

A0460 Le Numérique est-il bon pour le travail collaboratif ?

Une contradiction du Numérique:

D'un côté il donne des technologies pour faciliter la collaboration entre tous

D'un autre côté, il donne des technologies pour faciliter l'autonomie de chacun

Deux conséquences très opposées ...

Comme c'est plus difficile de collaborer que de travailler en autonome, comme  c'est beaucoup plus difficile de créer un logiciel collaboratif qu'un logiciel pour un usage autonome, le numérique nuit au collaboratif, comme on le voit tous les jours.

Qui utilise réellement le partage des documents sur le cloud pour collaborer ?

Quand on pose la question à un groupe de travail, le cri du cœur est unanime: pas d'usine à gaz!  Pas de nouveau mot de Passe! On va se débrouiller avec le courriel!

lundi 29 septembre 2014

A0542 La critique des technologies, un luxe d'enfant gâté ?

Je mets beaucoup d'énergie ici à critiquer l'informatique, le numérique, d'une manière qui surprend, certainement.

Ainsi, un brillant ingénieur français, qui  travaille souvent dans un pays moins développés, m'a tenu le discours suivant:

"Vous êtes trop pessimiste! Je trouve que les outils pour écrire des applications ont énormément progressé depuis 10 ans. Et puis, attention, vous vous plaignez de l'informatique, mais ici, l'informatique, mon ordinateur, mon OS, mes outils de développement, c'est ce qui marche le mieux!  Mon problème quotidien ici c'est l'écoulement des eaux dans la rue, alors vos critiques sur la programmation objet ..."

J'avoue que ça me fait sérieusement réfléchir ...

mardi 23 septembre 2014

A0538 Comment parler d'informatique aux jeunes quand on est vieux

Les informaticiens de mon âge, et même un peu moins vieux, aiment bien faire les malins devant les jeunes, en disant des choses du genre:

"il y a XX années, on avait des machines de seulement   (4, 16, .... 256 ... milliers d'octets  -au choix selon leur âge), eh bien  avec ça on faisait déjà tout"

En fait -même si c'était vrai- c'est pas malin du tout. Le jeunes peuvent en effet très bien en conclure des choses comme:

-- ça alors, aujourd'hui on a des machines 10 000 fois plus puissantes et 1000 fois moins chères, et eux ils faisaient déjà tout sans elles  ? Ça doit vraiment être un domaine pourri, l'informatique, si  ça progresse aussi peu

-- bon, le vieux, il déconne. Ce dont il parle, ça n'a forcément rien à voir avec  ce que font les machines d'aujourd'hui. Il est prof d'informatique ?  Grand bien lui fasse. Mais je ne vais surement pas aller suivre ses cours. Il n'a rien à m'apprendre. Qu'il reste avec ses vieux programmes, ses vieux langages, ses vieilles théories.

Si l'on n'a rien d'autre à dire aux jeunes à propos d'informatique, mieux vaut se taire, et se mettre à inventer autre chose.

samedi 6 septembre 2014

A0521 Quand le numérique bat en retraite

Vive le numérique et le big data!

Il s'avère impossible de calculer le montant de la retraite que touche chaque retraité français, qui est la somme en général de plusieurs régimes.

Chacun d'eux touche bien certains montants à certaines dates, et sait parfaitement quel est le montant de "sa retraite", mais construire une application informatique qui fasse l'addition de ces quelques chiffres relève de la totale impossibilité.

Cela mérite quelque méditation, non ?

Voir cet article:
http://www.toutsurlaretraite.com/pas-de-revalorisation-des-petites-retraites-au-1er-octobre-2014.html

Extraits:

Une « usine à gaz »

Le gouvernement a semble-t-il sous-estimé la complexité de ce système puisque le report de la revalorisation des « petites pensions » résulterait « d'obstacles juridiques et techniques », auraient justifié la direction de la Cnav et les représentants de l'Etat. Dans son rapport annuel sur les finances publiques paru le 25 juin, la Cour des comptes avait déjà pointé les difficultés techniques de la mise en œuvre de la mesure.
Pour savoir si le retraité perçoit au total plus ou moins de 1.200 euros de pensions par mois, il faut que les différents régimes de retraite communiquent entre eux. Des masses énormes d'informations à traiter en peu de temps qui posent également des problèmes de confidentialité des données personnelles. Au point que même l'étude d'impact de la LFRSS pour 2014 avait prévu un retard. « Un rattrapage serait alors opéré au titre du ou des arrérages de pension qui n'auraient pu faire l'objet de la revalorisation », stipule le document.



L'article ajoute que l'on est dans l'impossibilité de donner une date pour la résolution de ce problème...

Comme dit dans :
http://plexus-logos-calx.blogspot.fr/2014/08/a0511-une-catastrophe-informatique-en.html 
 je considère que cette situation relève d'une insuffisance fondamentale dans la nature de l'informatique actuelle, et non, comme on le dit souvent, de l'incompétence ou de l'impéritie des personnes, maîtres d'ouvrage ou maîtres d’œuvre, chargés de mener ces projets.
Les insuffisances techniques et conceptuelles de l'informatique contemporaine finissent par décourager les meilleures volontés.



dimanche 31 août 2014

A0511 Une catastrophe informatique en Belgique

Voir : http://www.lesoir.be/538548/article/economie/2014-05-07/bilan-l-informatisation-du-spf-finances-est-catastrophique

Extrait:

 «  L ’ICT a souvent été un élément mal compris et sous-estimé du fonctionnement du SPF Finances, alors que le rôle de l’informatique y était, y est et y restera d’une extrême importance. »
Qu’il s’agisse de la gouvernance du projet (vision stratégique de l’intégration de l’informatique et la répartition des rôles de décision), de la gestion du projet, du changement, de la performance, et des ressources humaines ou de la mise en œuvre, tous les voyants sont au rouge.
L'erreur  serait de conclure: l'informatique c'est très bien, -voyez le boom du numérique-  ça marche, ce sont juste les maîtres d'oeuvre, les utilisateurs, les technocrates, les experts, les sous-traitants ... qui ne font pas leur boulot.
Non, le problème est, la catastrophe est : l'informatique -en particulier l'informatique de gestion- est à cent lieues d'être utilisable, d'être en phase avec la réalité complexe  contemporaine.
Voilà ce que c'est d'avoir abandonné la recherche en systèmes d'information depuis 30 à 40 ans. Ah, c'est plus facile de sortir une nouvelle version de Java ou C++, ou de virtualiser dans le cloud, c'est à dire de fossiliser, des centaines de versions de systèmes d'exploitation pour surtout ne pas toucher aux applications existantes, totalement enkystées,, faute de concepts et d'outils capables un tant soit peu de fusionner deux applications ou deux bases de données.
Mais c'est pas grave: yaka apprendre aux enfants des écoles à coder en Python ou X ou Y.

samedi 30 août 2014

A0510 De Natura Numericum: Les Big Data entravées par les Bad Data

Voir: http://www.computerweekly.com/news/2240227682/Poor-data-quality-hindering-government-open-data-transparency-programme

Ça alors! Il y a des gens qui découvrent qu'il est très difficile de choisir comment représenter des données,  d'entrer des données dans un ordinateur, de savoir ce qu'elles veulent dire, de mélanger deux sources de données, ou trois ou quatre, ou mille, et de trouver un moyen simple pour que vous et moi naviguions dans tout ça sans effort, et prenions en conséquence de belles décisions.

Voilà ce que c'est de privilégier les usages à la science de l'information.

jeudi 28 août 2014

A0508 Les Progrès du Numérique à la SNCF

Je viens de renouveler mon Pass Navigo annuel dans une agence commerciale de la SNCF.

C'est super automatisé: l'employée,- très classe et très pro- pose ma carte sur un lecteur RFID, ce qui lui donne en un clin d’œil accès à mon dossier sur son écran, et tout se fait très vite. Sauf que.

Sauf que, en plus, elle doit remplir à la main un énorme tableau Excel imprimé sur papier format A3, qui lui sert de sous-main, et qui comporte une quarantaine de colonnes -j'ai eu le temps de compter.

Ah, j'oubliais, pour saisir le montant que je dois payer, elle soulève cette feuille de papier, ce qui lui donne accès immédiat à un autre tableau imprimé qui lui présente la grille de tarification selon les zones, les réductions, etc ...

Voir aussi à propos du numérique à SNCF l'amusante expérience de commande d'un voyage sur Internet dans le billet A0040.

lundi 2 septembre 2013

A0416 Programmation orientée objet: définition

La programmation orientée objet est au traitement de l’information
Ce que le code du travail est à l’esprit d’entreprise

(Ceci ne comportant aucun jugement de valeur sur les quatre éléments de l'analogie)

jeudi 23 mai 2013

A0399 Révolution Numérique

L'informatique s'avérant incapable de traiter le langage naturel
Utilisons le langage naturel pour traiter l'information

Ceci est une des bases du calcul littéraire.

vendredi 12 avril 2013

A0379 Semantic Web Considered Harmful

Il y a longtemps que je n'ai pas dit du mal du Web Sémantique -les dernières fois j'en ai même dit du bien, voir les billets A0355  et  A0356.-

C'est certainement l'hiver prolongé qui m'a  fait perdre mon punch.
Mais je me soigne. En allant chercher d'autres médisants sur le Web.

En voici un ici, dont les propos datent de 2008 ...

C'est désolant qu'il soit aussi difficile de trouver des points de vue critiques parmi les chercheurs en informatique. Ça n'est pas comme ça que l'informatique va accéder au statut de science, elle qui se plaint amèrement d'être si mal reconnue par les "sciences dures" et si peu utilisée par les "sciences molles".

L'informatique est très utilisée par les sciences dures qui la méprisent

L'informatique est très admirée par les sciences molles qui l'utilisent si peu

samedi 6 avril 2013

lundi 1 avril 2013

A0375 L'école d'informatique gratuite 42 de Xavier Niel est-elle un poisson d'Avril ?

Franchement, je pense que oui!

Car quand je regarde ce jour le programme:

http://www.42.fr/wp-content/uploads/2013/03/programme-42.pdf

c'est d'un hyper classicisme désolant. Un seul exemple:


POOBJ-2-002 JAVA
3 crédits; résumé :
Consolidation du paradigme objet et utilisation des environnements et librairies standards en Java, grâce à des situations réalistes d’entreprise. 
Objectifs :
- Environnement Java
- Librairies standard / Swing / JDBC
- Plateformes : smartphone / web / backoffice
- J2ME
- Conception UML en lien avec le module CSI


Mais peut-être que leur site a été piraté aujourd'hui.

S'il croit que c'est en enseignant ça aux 200 000 jeunes sans diplôme qu'il va les transformer en génies, je crains qu'il n'ait rien compris à l'informatique ... ou aux génies!

Pas si révolutionnaire, le gars. Certes, il a supprimé le diplôme, mais à quoi bon s'il ne supprime pas le programme.

Une école où il aurait dit  "il n'y a pas de programme", ça, ça aurait eu de la gueule!

La vraie révolution passera par l'invention d'une informatique enseignable!

lundi 11 mars 2013

A0361 Quelle méthode choisir ?

Le Génie Logiciel  traditionnel applique des méthodes rigides pendant de longues périodes

La démarche Agile applique des méthodes souples pendant de très courtes périodes

Beaucoup de logiciels que j'apprécie ont été développés en utilisant une méthode souple pendant de très longues périodes

samedi 1 décembre 2012

A0313 Quand les ingénieurs la ferment, on ferme les Hauts-Fourneaux

On m'a posé une question qui m'a laissé sans voix: à propos du site métallurgique de Florange qui occupe tous les media:

 " Pourquoi tout le monde s’exprime, tout le monde est interviewé, sauf les ingénieurs ?"

Là aussi, comme à propos des bugs du logiciel Louvois, silence dans les rangs issus des Grandes Ecoles.
Est-ce que, à l'heure où tous les cursus des établissements s'affichent en terme de  "compétences", il y en aurait une qui s'intitule "savoir rester à sa place et la fermer" ?
Il y a bien peu d'ingénieurs dans nos gouvernements. L'un des derniers s'appelait Francis Mer, Ministre de l'Economie et des Finances dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, et qui était auparavant PDG de Usinor, qui allait devenir ... Arcelor Mittal!
C'est quelqu'un dont je pense le plus grand bien, puisqu'il nous avait commandé  à Bull le système expert Sachem pour le pilotage des Hauts-Fourneaux, qui fut réalisé par mes équipes du Cediag.
On a souvent dit que le projet Sachem était le plus grand système expert du monde (30 millions d'euros), le plus profitable (il fait gagner 1,7 euros par tonne d'acier), et, cerise sur le gâteau ou couronne mortuaire, l'article de Wikipedia sur les systèmes experts l'honore du titre de "dernier des systèmes experts"!

Il y a beaucoup de logique dans tout cela:

Sachem est le dernier des Mohicans

Quand les ingénieurs la ferment, on arrête de faire des systèmes experts

Quand les ingénieurs la ferment, les hauts-fourneaux aussi

Notre redresseur,  champion des bras de fer ne serait-il qu'un fier à bras ?

Je suis sûr d'une chose: quand les ingénieurs l'ouvriront à nouveau, on recommencera à faire des systèmes experts