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mardi 17 novembre 2015

A0702 Encore une catastrophe informatique à 350 millions d'euros

 Voir: http://www.silicon.fr/echec-projet-sap-coute-345-millions-euros-dhl-131307.html

Et tout ça doublement chez nos amis allemands: SAP + Deutsche Post. Avec IBM comme intégrateur.

 Le client le plus sérieux + le logiciel le plus sérieux + l'intégrateur le plus sérieux.
=
La plus belle catastrophe

Une preuve de plus qu'il faut changer bien des choses dans la manière de réaliser des systèmes d'information.

Que les slogans "droit dans ses bottes" du genre "la bonne information à la bonne personne au bon moment" ne marchent pas.

Il faut plus de sémantique,  plus d'émergence et moins d'ingénierie, moins de modélisation.

Il faut oser explorer de nouvelles voies, faire radicalement autrement.

C'est ce que nous essayons bravement avec le "Calcul Littéraire".

Voir : http://plexus-logos-calx.blogspot.fr/2010/12/a0136-litteratus-calculus-lecon-numero.html

jeudi 5 mars 2015

A0620 Le langage naturel est très structuré ... et voilà pourquoi votre informatique est muette !

On a coutume de dire: "dans les organisations, 80% ou 90% des informations sont non-structurées"  sous-entendu dans des documents en langage naturel, et non dans des bases de données, elles bien structurées.

Rien n'est plus faux: le langage naturel est extrêmement structuré, bien plus que nos bases de données.

Ce qui n'est pas structuré, c'est notre capacité à formaliser -et même simplement à expliquer un peu- la structure du langage naturel.

 Sachons simplement, par exemple, que l'on n'a jamais établi de grammaires de la langue prenant en compte la ponctuation, élément important de structuration, s'il en est, n'est ce pas  ...

Voir à ce sujet les entretiens d'Alexandre Monnin avec le sémanticien François Rastier:

http://www.dailymotion.com/video/xisors_entretien-avec-francois-rastier-1-3_tech

Par contraste, les informations dites "structurées" de nos bases de données, sont  très pauvrement structurées. Elle n'ont pas par exemple cette capacité structurelle fondamentale de créer des structures qui citent, - font référence à - d'autres structures. On ne peut pas dans une base de données relationnelle avoir des parties de lignes de  relations qui "pointent" vers des parties d'autres lignes de relations, alors qu'en langage naturel, on passe son temps à énoncer des phrases qui font référence à d'autres phrases.

Bien difficile de faire des systèmes d'information un tant soit peu riches et féconds dans ces conditions.
Encore plus difficile de faire évoluer un système d'information, de l'adapter à notre monde à la complexité si changeante.

mardi 2 septembre 2014

A0517 Un mot gentil sur le web sémantique

Je dis en temps normal assez de mal du web sémantique (voir le marqueur associé), pour être un peu plus généreux en ce jour de rentrée scolaire, d'autant que ma mansuétude porte sur un travail pédagogique.

Karima Rafes, tenace et talentueuse évangélisatrice du web sémantique, nous présente un exemple de réalisation de ses étudiants:

J'ai développé un petit outil pour aider mes étudiants (Bac+3 en info à ITESCIA) à faire plus simplement du Linked Data pour se concentrer sur les requêtes et non sur le HTML&co.
Voici le résultat de leurs travaux en seulement 2 jours de formation au Linked Data (7h de cours et 7 heures de TP à 13 étudiants). Vous pouvez voir le code SPARQL en regardant le code source des pages.

NB : l'outil sera ré-utilisé  durant le
semantic camp (NDLR: organisé par Karima le 12 Septembre; inscrivez-vous !) 
http://www.meetup.com/SemanticCampParis/events/188228402/


Voilà des liens lien vers des  pages HTML décrivant les meilleures copies des projets des étudiants: 


http://tpo.bordercloud.com/K.php?i=1c7361b68d0951e83fd88d53107247a3


http://tpo.bordercloud.com/K.php?i=8caeb245d2a0def1ab69e0e854416662


http://tpo.bordercloud.com/K.php?i=96f31feb92440d7393fafc365d1ee907


(pour tout comprendre, il faut aller voir le code source sous votre navigateur, et vous en inspirer si vous voulez expérimenter vous aussi; c'est ça la beauté de HTML et Javascript)

Tout cela reste évidemment d'une lourdeur éprouvante, mêlant toutes les horreurs de la programmation orientée objet de bas niveau aux crocs indentés de la syntaxe XML, mais cette lourdeur aura au moins le mérite de faire passer un peu de la pilule sémantique auprès des sadiques de JDBC, Hibernate,  et autres couches d'accès à des bases de données.

On est loin de ma terre promise du Litteratus Calculus, et même du vieux DATALOG, mais bon, cette première  dose de programmation déclarative mérite un coup de chapeau, d'autant qu'elle vise nos chères têtes blondes.


A0516 Théorie des Deux Trous Noirs de l'Information

J'ai expliqué cette théorie dans le billet A0056

Elle consiste à dire que toute l'évolution de l'univers du traitement de l'information est régie par la lutte entre le TNL (Trou Noir Littéraire) et le TNC (Trou Noir du Calcul)


Plus ça va, plus j'y crois.

En particulier, toute l'informatique technique, concrète, est le travail du TNC pour construire des couches sur des couches, pour espérer "monter au ciel" et atteindre le TNL.

Le TNL, c'est l'information telle que nous, êtres humains, la voyons et la manipulons, via le langage naturel par exemple.

Cette tentative d'ascension - qui est synonyme du terme "informatique"-  du TNC vers le TNL est sans espoir.

Toutes les grandes catastrophes informatiques sont l'illustration de cette aporie.

Si l'on veut rapprocher les deux trous noirs, il est indispensable de redoubler d'efforts en sens inverse: partant du TNL, mieux comprendre ce qu'est l'information telle que nous autres  êtres humains la manipulons, telle que nous l'organisons, comment la composer, décomposer , etc ... indépendamment de l'existence des machines de Von Neumann du TNC .

Le Calcul Littéraire s'inscrit dans cette tentative de démarche descendante.

jeudi 29 août 2013

A0413 Mathématiques pour l'Ingénieur et Numérique selon Chateaubriand

Extrait du "Génie du Christianisme" (1802):

"Quant aux mathématiques proprement dites, il est démontré que l'on peut apprendre, dans un temps assez court, ce qu'il est utile d'en savoir pour devenir un bon ingénieur."

Chateaubriand n'aimait pas les mathématiques, il leur préférait les idées. A noter ainsi l'emploi du terme "numérique":

"Les mathématiques [...] ne sont en effet que des signes généraux d'idées qui nous épargnent la peine d'en avoir, des étiquettes numériques  d'un trésor que l'on n'a pas compté [...]"

jeudi 23 mai 2013

A0399 Révolution Numérique

L'informatique s'avérant incapable de traiter le langage naturel
Utilisons le langage naturel pour traiter l'information

Ceci est une des bases du calcul littéraire.

dimanche 28 avril 2013

A0385 Signaux faibles et chaînons manquants: fermoirs et pendentifs

Voici la référence d'un article où je définis un signal faible comme la découverte d'un chaînon manquant dans un réseau sémantique, plus précisément comme une information dont l'arrivée va boucler un circuit qui englobe une problématique que l'on veut surveiller.

Cette approche est reprise dans un chapitre de  l'ouvrage collectif "Prévenir les crises. Ces Cassandre qu'il faut savoir écouter", à paraître en Juin  chez Armand Colin.

Un signal faible est selon ce point de vue une phrase qui va être reliée par deux "chemins de phrases"  différents à la phrase qui énonce la problématique. (L'article donne des exemples).

En quelque sorte, la problématique est le pendentif, et le signal faible le fermoir de la chaîne qui supporte le pendentif.

En général, la problématique pendra à plusieurs colliers. Et mieux elle sera supportée, plus elle aura de poids.

Je réfléchis actuellement à d'autres aspects:

-- les signaux faibles négatifs, qui sont l'inverse: quand une information qui était vraie devient fausse, entraînant la rupture d'un chaînon. Ce sont alors un ou plusieurs colliers qui vont être rompus, laissant tomber le pendentif.

-- les signaux faibles alternatifs, qui correspondent au cas où deux chaînons s'excluent l'un l'autre. L'un et l'autre, s'ils surgissent, allant supporter des pendentifs différents.

Je travaille à établir des algorithmes de recherche d'apparition et de disparition de telles chaînes dans de grands réseaux sémantiques, pour voir dans quelle mesure il est possible de détecter automatiquement des signaux faibles. Ceci est un élément de ce que j'appelle le Calcul Littéraire.

 Pendre (pendentif) a donné les mots pencher, puis peser, puis penser!

Un signal faible fait pencher la balance
 Il faut peser le pour et le contre
Ceci m'incline à penser 

Le poids des mots ...

lundi 15 octobre 2012

A0267 Ils vendent père et mère


XI.- L’article 154 est ainsi modifié :
1° Au premier alinéa, les mots : « le père et la mère » sont remplacés par les mots : « les
parents », les mots : « père et mère » par le mot : « parents » et les mots : « aïeul et aïeule »
par « aïeuls »;
2° Au deuxième alinéa, les mots : « pères et mères » par le mot : « parents ».
XII.- A l’article 159 les mots« ni père, ni mère » sont remplacés par les  mots : « ni
parents » et les mots : « ni aïeuls, ni aïeules » par les mots : « ni aïeuls ».
XIII.- L’article 173 est ainsi modifié :
1° Les mots : « Le père, la mère » sont remplacés par les mots : « les parents » ;
2° Les mots : « à défaut de père et de mère, » sont remplacés par les mots : « à défaut ».
3° Les mots : « aïeuls ou aïeules » sont remplacés par les mots : « les aïeuls ».
XIV.- A l’article 206 du code civil, les mots : « leur beau-père et belle-mère » sont
remplacés par les mots : « leurs  beaux-parents ».
XV.-A l’article 211, les mots : «  le père ou la mère » sont remplacés par les mots : «  le
parent ».
XVI.-  A l’article 348, les mots : « son père et de sa mère » sont remplacés par les mots : « ses
deux parents ».
XVII.- A l’article 365, les mots : « du père ou de la mère » sont remplacés par les mots : « de
l’un des parents ».
XVIII.- A l’article 373-5, les mots : «ni père, ni mère » sont remplacés par les mots : « aucun
parent »
XIX.- L’article 383 est ainsi modifié :
1° Au premier alinéa, les mots : « le père et la mère » sont remplacés par les mots : « les
parents » et les mots : « soit par le père, soit par la mère » sont remplacés par les mots : « par
le parent titulaire de l’exercice de l’autorité parentale »;
2° Au deuxième alinéa, les mots : « à celui des père et mère » sont remplacés par les
mots : « parents ».
XX.- A l’article 390, les mots : « le père et la mère » sont remplacés par les mots : « les
parents ».
XXI.- A l’article 395, les mots : « le père ou la mère » sont remplacés par les mots : « l’un des
parents ».
XXII.- L’article 399 est ainsi modifié :
1° Au troisième alinéa, les mots : « des père et mère » sont supprimés ;

samedi 22 septembre 2012

A0246 Pourquoi j'ai zappé le web sémantique (en video!)

Merci à Alexandre Monnin d'avoir mis en ligne mon intervention du 14 Octobre 2011:

"De l'Intelligence Artificielle au Calcul Littéraire: pourquoi j'ai zappé le web sémantique"

Grâce au logiciel "Ligne de Temps" de l'IRI -Musée Pompidou, vous pouvez annoter cette video pendant son déroulement.

Si vous voulez voir les slides seules, c'est ici.

mardi 19 juin 2012

A0231 Video Jean Rohmer au Semantic Camp du 16 mai 2008

Je viens de trouver la video de mon intervention au premier Semantic Camp  organisé en mai 2008 par Karima Rafes.

Je savais plus ou moins que des videos avaient été prises et publiées à cette occasion, mais je ne les avais jamais retrouvées. En tout cas en recherchant les videos associées à mon nom sur Google, on ne la trouve pas.

Comment je l'ai trouvée ? Parce que, en lisant quelque part le nom de Christian Fauré, et intuitant que je connaissais cette personne, mais ne me souvenant plus très bien des détails, j'ai posé comme requête son nom et le mien. Ce qui m'a amené à des pages sur le Semantic Camp, et de là je suis parti sur le blog de Jean-Marc Vanel, dans lequel est citée la video.

La morale de cette histoire est que pour trouver des informations précises sur une personne il faut poser des questions associant le nom de la personne et d'autres informations susceptibles d'avoir un rapport avec elle (pour les initiés de Idéliance, ine forme élémentaire de "Quoi-Entre"). En d'autres termes, disposer d'un cadre sémantique pertinent, et projeter la personne recherchée sur ce cadre.

C'est en associant d'autres termes à un nom de personne que l'on en apprend le plus sur la personne , bien plus que sur les deux ou trois premières pages de Google.
 La question est alors de savoir quels autres termes utiliser, autrement que des termes choisis au hasard. Ce problème fait partie des questions abordées par le calcul littéraire.  Il faut en savoir déjà un peu sur cette personne, et en déduire un ensemble de termes sur lesquels on va la projeter.

Par ailleurs, la video en question dit très bien en 10 minutes quelle était ma position critique sur le Web Sémantique en 2008, qui n'a guère changé depuis (ni le Web Sémantique ni par voie de conséquence mon opinion sur celui-ci)


vendredi 23 septembre 2011

A0176 Publicité Personnelle

Merci à Alexandre Monnin pour son invitation à m'exprimer aux "Rencontres du Web des Données" du 14 Octobre 2011:

http://www.meetup.com/paris-web-of-data/events/34649132/

Voici le thème que j'aborderai:

"De l'Intelligence Artificielle au Calcul Littéraire, pourquoi j'ai zappé le Web Sémantique"

(et voici un lien vers ma présentation)

"Depuis les Arts de la Mémoire de l'Antiquité, en passant au moyen-âge par les arbor scientiae de Raymond Lulle puis les projets de langue universelle de Descartes et Leibniz, l'idée de mettre au point des formalismes et des représentations permettant au plus grand nombre d'élaborer,  partager et exploiter  la connaissance est d'une actualité constante. Avec l'apparition des ordinateurs, l'intelligence artificielle a permis des réalisations impressionnantes, si récentes qu'elles sont encore oubliées. L'irruption de l'infrastructure immense du Web lance un défi qui donne un peu le vertige, et ouvre des espaces que les technologies sémantiques -elles aussi millénaires - essaient d'occuper.

A travers une longue expérience de l'informatique débutée à la fin des années 60, de la conduite de grands projets d'Intelligence Artificielle, et de travaux concrets sur des outils sémantiques comme Idéliance, nous expliquerons pourquoi nous croyons aujourd'hui plus aux promesses d'un usage raisonné et collectif du langage naturel -que nous baptisons "calcul littéraire"- qu'aux approches issues de l'ingénierie et des formats standards."

vendredi 9 septembre 2011

A0173 Envie de tuer !

Un séminaire sur le web sémantique. La question habituelle: y-a-t-il une killer-app du web sémantique ?

Une réponse réaliste: non, et au contraire le web sémantique existera tant qu'il n'y aura pas de killer-app. Ca fait dix ans que ça dure. Personne dans ce petit monde n'a intérêt à ce que ça change.

Une réponse optimiste: chercher la killer-app du web sémantique, c'est rester dans l'impasse actuelle. Tant que l'on n'aura pas compris qu'un web sémantique qui atteindrait son but serait au contraire un APP-KILLER! Un vrai web sémantique permettra de se passer des applications. Et au passage bien sûr aussi des documents: ça sera un DOC-KILLER! Voilà aussi le vrai buts du Calcul Littéraire.

samedi 1 janvier 2011

A0148 Ce que l'on ne peut pas ... il ne faut pas le programmer

Tout informaticien qui  s’intéresse à la linguistique  doit se poser la question: est-ce que mon travail aurait aidé Wittgenstein ?

A0147 Litteratus Calculus: Principe fondateur

Un carnet ne sert pas à noter des idées mais à avoir des idées.

Il en est de même du calcul littéraire. 

(Dédié à SLB, designer d'Idéliance)

mercredi 29 décembre 2010

A0141 Litteratus Calculus: Leçon Numéro 4

Après avoir énoncé les principes du calcul littéraire dans la leçon numéro 3,  posons-nous la question: s'exprimer en  inférons, est-ce bien raisonnable ? Cette forme de langage est-elle aussi naturelle qu'elle le prétend ?

Voici quelques considérations qui répondent positivement à la question. On évoquera peut-être un jour des opinions opposées.

La littérature en fragments est une tradition ancienne. Sans remonter à l'Antiquité, Pascal, Spinoza, Wittgenstein et Roland Barthes s'y sont adonnés.

La logique mathématique est bien sûr basée sur des énoncés qui ont tout des inférons; on les appelle des clauses. Le langage de programmation Prolog est entièrement fait de clauses.

Notons que le premier sens en Français de "clause", au moyen-âge,  était le "vers d'un poème".

Évoquons aussi à cette époque la discipline de concision de Rachi, le vigneron champenois,  dans ses commentaires de la loi juive: "une goutte d'encre vaut de l'or"

On pourra être moins fier des 140 caractères de Twitter, mais ils illustrent bien la tendance contemporaine à la concision.

Regardez, écoutez les magazines à la télévision de nos jours: ils sont découpés en séquences d'au maximum 5 -cinq-  secondes; de purs inférons,  chacun prononcé par un interlocuteur différent.

Si d'un côté  les phrases raccourcissent, de l'autre les URL allongent jusqu'à devenir des  inférons: l'énoncé est l'URL; c'est vrai en particulier pour les fils d'actualité, voir l'exemple de l'instant:

http://actu.orange.fr/people/michel-polnareff-est-papa-pour-la-premiere-fois_84568.html

Ainsi, l'inféron est devenu le point omega de l'expression médiatique.

S'agit-il là d'un déplorable appauvrissement de la langue ? Ça se discute.

Socrate disait déjà à ses interlocuteurs:  faites des phrases courtes ("serrées"), car j'ai une mauvaise mémoire.

Quand à moi, j'ai brusquement décidé de prendre mes notes en inférons en Octobre 2003. J'assistais à une conférence en Anglais, sur un sujet que je connaissais mal, j'essayais de  noter en direct ce que j'entendais en Idéliance, sur mon ordinateur, et je n'arrivais pas à suivre. Je suis passé alors en .txt.

Maintenant, j'en suis à plus de 50 000 inférons.  Voilà une motivation quotidienne à écrire le programme qui les exploite. 

Je rédige en inférons mes compte-rendus de conférence , et l'on me dit en général que c'est plus facile à lire qu'une "prose" classique de retour de congrès.

S'exprimer en inférons est un effort littéraire qui porte ses propres fruits. Cela n'appauvrit pas le langage. Au contraire, la concision exige un choix rigoureux et imaginatif du mot juste.

Plus les phrases sont resserrées, plus le vocabulaire est étendu.

Cette discipline quotidienne conduit naturellement au jaillissement spontané  d' aphorismes.

Un aphorisme, c'est le moins que l'on puisse dire.

Les aphorismes sont à la littérature ce que la musculation est à la danse.

dimanche 5 décembre 2010

A0138 Litteratus Calculus: Leçon Numéro 3

La leçon numéro 2 nous a appris que des formats très simples comme SVC et SVCI, d'une part respectaient le principe de la représentation de toute information en langage naturel et d'autre part étaient extrêmement simples à manipuler par des programmeurs.

Cependant, le format SVC reste perçu par les utilisateurs -c'est à dire ceux qui vont écrire les inférons, vous et moi- comme trop contraignant, voire trop abstrait. Dire que ceci ou cela est un sujet ou un complément ou un verbe sous-entend un effort d'abstraction et surtout de régularité dans l'abstraction. Il faut décider de l'existence d'entités, les nommer, décider de relations entre elles, nommer ces relations, etc ... Cet effort d'abstraction, de modélisation, s'il est mille fois plus léger que l'abstraction pratiquée par un informaticien professionnel lorsqu'il modélise un système en UML,  en rebute plus d'un. Plus d'un et même, nous l'avons constaté avec Idéliance, plus de 95% de la population des cols blancs.

Donc nous en revenons à notre principe de la première leçon: il faut que les données soient représentées en langage naturel, c'est à dire en vrai langage naturel, et non  en leur forme contrainte SVC ou SVCI.

Il faut accepter comme inféron n'importe quelle phrase en langage naturel, par ailleurs aussi autonome et minimale que possible.

Pour ne pas l'avoir compris, le Web Sémantique promu par le W3C, qui s'en tient pour l'essentiel à un format SVC mâtiné d'un peu de SVCI, n'obtient que peu de succès, malgré la propagande incessante qui le supporte depuis 10 ans. De fait, le  Web Sématique a jusqu'à présent servi essentiellement à faire passer des thèses, monter des projets européens, et organiser des congrès internationaux.

Le vrai jeu, le grand jeu, en sémantique, c'est de travailler directement en langage naturel.

Nous avons évoqué, dans la seconde leçon, la démarche qui consiste à procéder à une analyse linguistique automatique (lexicale, syntaxique et sémantique) d'un inféron pour lui associer des caractéristiques analytiques:

-- forme lemmatisée des mots (verbes à l'infinitif, adjectifs au singulier ...)
-- arbre syntaxique (étiquetage des rôles: groupe nominal, verbe, complément, adjectifs, conjonctions ...)
-- dépendances syntaxico / sémantiques (tel groupe nominal est le sujet de tel groupe verbal, tel épithète se réfère à tel nom ...)

C'est  la voie suivie dans le projet Tanguy, où l'on indique par exemple que:

-- la chaîne "les chevaux" située entre les caractères 1230 et et 1243 de tel document correspond au lemme "cheval"
-- la chaîne "tirent" sitiée entre les catactères 1245 et et 1250 du même document correspond au lemme "tirer"
-- la première chaîne est le sujet de la seconde.

Tous ces résultats d'analyse linguistique automatique sont formalisés sous forme de graphe, donc de manière structurée, et sont de ce fait trivialement représentables en formats SVC ou SVCI.

Il s'agit là certainement d'une voie d'avenir, qu'il faut continuer à expérimenter.

Cependant, elle suppose l'existence d'analyseurs linguistiques automatiques extrêmement coûteux à développer et à maintenir pour chacune des langues naturelles utilisées, et souvent propriétaires. Le projet TANGUY utilise ainsi l'analyseur XIP de XEROX.

C'est pourquoi, en parallèle à cette voie "linguistiquement riche", nous expérimentons une solution plus légère, qui est pour nous le "calcul littéraire (ou litteratus calculus) par excellence".

Nous partons d'un ensemble d'inférons, c'est à dire de phrases en langage naturel, minimales et autonomes.

Pour tout couple d'inférons, nous calculons l'ensemble des mots qu'ils ont en commun.

Nous appelons ces ensembles de mots des "interlogos".

Exemple:

Soient les inférons:

I1: Pierre Martin a dit à IBM que Oracle allait racheter les activités CRM de SAP

I2: Pierre Martin est un spécialiste en intelligence économique

I3: Oracle est le leader du CRM en Amérique du Sud

I4: SAP développe ses activités CRM au Vénézuela

I1 et I2 donnent naissance à l'interlogos "Pierre Martin"

I1 et I3 donnent naissance à l'interlogos "Oracle CRM"

I1 et I4 donnent naissance à l'interlogos " SAP activités CRM"

I3 et I4 donnent naissance à l'interlogos "CRM"

Si l'on considère le graphe constitué des inférons et des interlogos dont ils sont issus, on obtient automatiquement un graphe qui décrit les points communs entre tous les interlogos.

On construit ainsi tous les chemins possibles qui relient les différents éléments de notre système d'information. Toutes les jointures potentielles - au sens des bases de données relationnelles- de notre système d'information sont ainsi représentées dans un formalisme très simple, sans que nous n'ayons eu d'autre effort à faire qu'à écrire des inférons, c'est à dire faire des phrases le plus naturellement du monde.

Le minimum de concession  :-) que nous pourrons faire à l'ingénierie linguistique sera de lemmatiser les formes des différents mots, avant de constituer les interlogos.

Notons au passage que le mécanisme des interlogos fait émerger sans effort -et sans linguistique- un premier niveau de concepts utilisés dans les inférons, ce que d'aucuns pourraient appeler une ontologie.

Nous appelons argos un tel graphe reliant inférons et interlogos.

Abandonner toute structuration, prétendre formaliser avec le seul langage naturel, est-ce bien raisonnable?

Nous nous posons la question dans la quatrième leçon.

A0136 Litteratus Calculus: Leçon Numéro 1

Au milieu des années 1980, je m'occupais de l'intelligence artificielle à Bull. Nous menions des projets d'interrogation en langage naturel de bases de données relationnelles (projets Corail et Sesame).
En fait, cela consistait à habiller de langage naturel le schéma conceptuel de la base de données, et c'était en fait très peu naturel. Si l'on modifiait le schéma de la base, il fallait faire évoluer le modèle du langage naturel généré, en faisant appel à des linguistes et à leurs lourds formalismes.
Les données restaient entièrement rigides, leur structure totalement figée, totalement prisonnière de l'engineering, qu'il soit linguistique ou informatique.  Aucune couche de peinture naturelle ne pouvait masquer la dictature de l'ingénierie logicielle sous-jacente.

J'en tirai la conclusion que le langage naturel ne devait pas être à la périphérie, à l'interface du système d'information, mais en son cœur même: ce sont les données qui devaient être en langage naturel.
Aux informaticiens de se débrouiller ensuite avec!

"Les données en langage naturel", ça veut dire ça:

Si on a une table de base de données avec une colonne Nom et une colonne Adresse, et si,  sur la même ligne, on trouve dans ces deux colonnes  "Pierre" et "Paris", l'information correspondante  peut s'énoncer ainsi en langage naturel:

"Pierre habite Paris"

Si on fait ça pour chacune des cellules de chacune des  tables relationnelles d'un système d'information, on peut remplacer tout notre système d'information par un ensemble de phrases en langage naturel, comme "Pierre habite Paris".

Il suffit ensuite d'écrire des programmes qui vont travailler sur ce matériau naturel: c'est le propos du "calcul littéraire", dit aussi "litteratus calculus" en latin, que nous allons développer dans la deuxième leçon.

vendredi 20 novembre 2009

A0047 Le meilleur format standard

Le meilleur format standard, c'est le langage naturel.
Dans 50 ans, il n'est pas sûr que l'on disposera encore de machines capables de lire du XML, ou de connaître le sens de telle ou telle ontologie en OWL - ça, c'est même sûr que pas.
Par contre, je parie fort qu'il y aura encore des gens capables de lire de l'italien et de l'arabe, et d'autres capables de traduire l'un en l'autre.
Donc, si vous avez des informations précieuses à conserver, écrivez-les en langage naturel.
Plus précisément,  si vous voulez dire  pour la postérité que:

 "le 18 novembre 2009, Thierry Henri a fait une main non sanctionnée lors de la première mi-temps des prolongations du match de barrage France-Irlande"

je vous propose d'utiliser le format suivant:

"le 18 novembre 2009, Thierry Henri a fait une main non sanctionnée lors de la première mi-temps des prologations du match de barrage France-Irlande"

Si vous avez une meilleure proposition à faire, je suis preneur.

De même que l'on a vu dans le billet A0037 que "information structurée" n'était pas incompatible -bien au contraire- avec "langage naturel" en ce sens que le langage naturel est extrêmement structuré, on voit ici que "langage naturel" n'est pas synonyme de "long document".

Adopter le langage naturel comme format standard de représentation des données consiste à représenter les informations élémentaires en langage naturel.

Partant, un système d'information contiendra un ensemble -qui pourra être très grand- de phrases en langage naturel.

Il reviendra au  calcul littéraire d'exploiter ces informations.

Nous allons faire un système d'information radicalement autrement: toutes les informations qu'il contient seront lisibles, sans l'intermédiation d'aucun programme.

samedi 7 novembre 2009

A0037 Calcul Littéraire (Litteratus Calculus)

On oppose traditionnellement l'information structurée -celle des bases de données- à l'information non structurée -celle des documents en langage naturel.
C'est une vision bien éloignée de la réalité: le langage naturel est au contraire extrêmement structuré, avec des structures d'une complexité qui nous dépasse. Les bases de données, elles, sont structurées de manière très simpliste.
Il faut plutôt parler d'informations structurées complexes ou simplistes.

Rappelons l'étymologie de "complexe" : cum plexus = avec des plis
et de "simple" sine plexus = sans plis.

Les systèmes actuels qui essaient simplement (sic!) de ramener le "non structuré" du texte au "structuré" des bases de données sont et seront toujours dans des  impasses.
Nos effort doivent porter sur l'amélioration de  notre compréhension de la complexité du langage naturel. Il ne faut ni la nier,  ni essayer de la contourner.

Nous appelons "Calcul Littéraire"  ou "Litteratus Calculus" l'effort de compréhension de la complexité du langage naturel.

N.B. Le Diamant Sémantique "Litteratus Calculus" m'a permis de découvrir le Blog http://www.gazettelitteraire.com/