L'homme exerce son intelligence avec très peu de données, et très peu de modèles généraux.
Très peu de données:
A la simple lecture de quelques lignes d'un courriel, d'un billet de chat ou de blog, nous nous forgeons une opinion et prenons des décisions
Très peu de modèles généraux:
Nous sommes bien incapables de formaliser comment se décantent nos décisions et comment s'élaborent nos opinions
Comment voulez-vous dans ces conditions qu'en mettant beaucoup de données et beaucoup de modèles dans des supercalculateurs, on fasse émerger quelque chose de commensurable à l'intelligence humaine ? Question à poser aux tenants de la singularité.
La question est alors de caractériser "ce" qui pourrait éventuellement émerger de ces grosses machines ainsi gavées.
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jeudi 4 septembre 2014
vendredi 30 mai 2014
A0479 Piloter un ordinateur par la pensée
De plus en plus d'articles sur "Piloter un ordinateur par la pensée"
A part pour les gens qui n'ont pas l'usage de leurs mains, à quoi ça peut bien servir ?
S'il faut maintenant penser pour cliquer, le trafic sur le web va diminuer.
Et puis ces interfaces révolutionnaires, ça finit en général comme les applications de la Kinect, censée obéir aux mouvements de votre corps. Les projets avec la Kinect finissent en général par:
"pour cliquer droit, levez le bras droit"
"pour cliquer gauche, levez le bras gauche"
Pas très économe en énergie, tout ça.
Bon, je suis injuste.
Tom Mitchell arrive à deviner à quoi vous pensez en regardant des images de votre cerveau.
Il m'a même dit qu'il arrivait à faire mieux que ce qui est décrit le lien ci-dessus: vous pensez à un mot, et l'ordinateur le devine en regardant vos IRM, alors qu'il s'est entrainé sur d'autres personnes que vous ...
A part pour les gens qui n'ont pas l'usage de leurs mains, à quoi ça peut bien servir ?
S'il faut maintenant penser pour cliquer, le trafic sur le web va diminuer.
Et puis ces interfaces révolutionnaires, ça finit en général comme les applications de la Kinect, censée obéir aux mouvements de votre corps. Les projets avec la Kinect finissent en général par:
"pour cliquer droit, levez le bras droit"
"pour cliquer gauche, levez le bras gauche"
Pas très économe en énergie, tout ça.
Bon, je suis injuste.
Tom Mitchell arrive à deviner à quoi vous pensez en regardant des images de votre cerveau.
Il m'a même dit qu'il arrivait à faire mieux que ce qui est décrit le lien ci-dessus: vous pensez à un mot, et l'ordinateur le devine en regardant vos IRM, alors qu'il s'est entrainé sur d'autres personnes que vous ...
mardi 6 novembre 2012
A0289 Délices de l'argumentation
Depuis Aristote, nous essayons de mécaniser l'argumentation.
Descartes et Leibniz ont ainsi imaginé une langue universelle "fort aisée à apprendre et à écrire, ..., qui aiderait au jugement de l'homme, lui représentant si distinctement toutes choses, qu'il lui serait presque impossible de se tromper" (Citation extraite du précieux livre Clavis Universalis)
Les tenants du Web Sémantique les ont évidemment pris au mot, en proposant un format standard universel XML des arguments du monde entier.
Mais nous avons quelques spécialistes français de l'argumentation qui vont donner du fil à retordre à tous les standardistes universels. Deux exemples entendus récemment sur les ondes:
- un célèbre philosophe marxiste contemporain:
- un leader national syndicaliste pas spécialement marxiste:
Descartes et Leibniz ont ainsi imaginé une langue universelle "fort aisée à apprendre et à écrire, ..., qui aiderait au jugement de l'homme, lui représentant si distinctement toutes choses, qu'il lui serait presque impossible de se tromper" (Citation extraite du précieux livre Clavis Universalis)
Les tenants du Web Sémantique les ont évidemment pris au mot, en proposant un format standard universel XML des arguments du monde entier.
Mais nous avons quelques spécialistes français de l'argumentation qui vont donner du fil à retordre à tous les standardistes universels. Deux exemples entendus récemment sur les ondes:
- un célèbre philosophe marxiste contemporain:
"je suis fidèle à mes engagements de jeunesse dans la mesure ou j'ai fait évoluer la notion de fidélité"
- un leader national syndicaliste pas spécialement marxiste:
"on n'a plus assez de fonctionnaires pour pouvoir étudier si il y en a trop"
mardi 22 décembre 2009
A0057 Architecte de Systèmes: la leçon phénicienne
L'autre soir, Thalassa nous montrait un architecte naval de l'ile syrienne d'Arwad
Le type nous expliquait que, comme tous ses confrères, il construisait seul des bateaux de 15 à 20 mètres de long, et vite!
On imagine sa cabane de chantier, remplie de machines et d'écrans qui font tourner Autocad, Computervision ou autres Catia.
Sauf qu'il nous dit:" je vais vite car je n'ai pas de plans: comme ça je ne perds pas de temps à les regarder. Nous faisons comme ça dans le coin depuis plus de 3000 ans".
Suffisamment décoiffant pour inciter à remonter aux sources!
TeKton, en grec, langue apparue un peu après le phénicien, veut dire travailler le bois, construire des choses en bois (ça veut dire aussi par glissement du sens, manigancer, comploter: nobody is perfect)
ArKe, en grec, ça veut dire le premier, celui qui marche en tête, celui qui commande, qui conduit (ça veut dire aussi: le vieux ...)
ArKiteKton, en grec, par combinaison, ça veut dire celui qui maîtrise l'art du menuisier, du charpentier, et qui est capable de commander.
Et ça désigne d'ailleurs de manière privilégiée les architectes navals, manipulateurs de bois par excellence.
Ils avaient bien de la chance, les architectes grecs!
Ils ont bien de la chance, les architectes navals de Arwad!
Plus précisément, à qui feriez-vous le plus confiance pour architecturer votre système d'information?
Au charpentier d'Arwad, ou à un blanc-bec derrière ses écrans de spécifications UML, de simulations BPML, et de design patterns MDE,MDA,SOA ?
Question incorrecte aux yeux des manipulateurs de -langue de- bois? Mais qui invite à nous poser d'autres questions:
Tous ces préliminaires d'abstraction, modélisation, simulation, si d'un côté ils peuvent aider à réfléchir -activité qui se fait rare de nos jours, voir billet A0018- d'un autre côté ne tendent-ils pas à retarder le moment fatal, celui où il va bien falloir que le système traite de vraies données avec de vrais utilisateurs ?
Napoléon disait:
"A la guerre comme en amour, à la fin, il faut se voir de près"
N'aurait-on pas intérêt à passer moins de temps à contempler en réunion nos schémas sous PowerPoint?
Les spectaculaires retards de certains grands programmes industriels dûs à l'informatique (réseau local du TGV Atlantique en son temps, câbles de l'Airbus A380, contrôle des moteurs de l'A400M) n'ont-ils pas pour partie leur origine dans l'écran que les ordinateurs dressent entre le virtuel et le réel?
Quelle est la part de l'informatisation quand de très gros projets comme les porte-avions anglais s'éternisent sur des dizaines d'années, alors qu'américains et japonais avaient mis bien moins de temps à concevoir et construire sans ordinateur ceux qui s'affrontèrent dans la bataille de Midway?
Contribution de l'informatique au désarmement, diront certains.
N'y-a-t-il pas une autre manière d'utiliser l'ordinateur, pour remettre l'homme au travail au pied du mur, plutôt que dresser un mur entre lui et la réalité?
En quelque sorte, utiliser l'ordinateur comme Amplificateur d'Intelligence" de celui qui est au pied du mur.
Et pensons encore une fois aux propos de notre phénicien:
"je vais vite car je n'ai pas de plans: comme ça je ne perds pas de temps à les regarder"
Le type nous expliquait que, comme tous ses confrères, il construisait seul des bateaux de 15 à 20 mètres de long, et vite!
On imagine sa cabane de chantier, remplie de machines et d'écrans qui font tourner Autocad, Computervision ou autres Catia.
Sauf qu'il nous dit:" je vais vite car je n'ai pas de plans: comme ça je ne perds pas de temps à les regarder. Nous faisons comme ça dans le coin depuis plus de 3000 ans".
Suffisamment décoiffant pour inciter à remonter aux sources!
TeKton, en grec, langue apparue un peu après le phénicien, veut dire travailler le bois, construire des choses en bois (ça veut dire aussi par glissement du sens, manigancer, comploter: nobody is perfect)
ArKe, en grec, ça veut dire le premier, celui qui marche en tête, celui qui commande, qui conduit (ça veut dire aussi: le vieux ...)
ArKiteKton, en grec, par combinaison, ça veut dire celui qui maîtrise l'art du menuisier, du charpentier, et qui est capable de commander.
Et ça désigne d'ailleurs de manière privilégiée les architectes navals, manipulateurs de bois par excellence.
Ils avaient bien de la chance, les architectes grecs!
Ils ont bien de la chance, les architectes navals de Arwad!
Plus précisément, à qui feriez-vous le plus confiance pour architecturer votre système d'information?
Au charpentier d'Arwad, ou à un blanc-bec derrière ses écrans de spécifications UML, de simulations BPML, et de design patterns MDE,MDA,SOA ?
Question incorrecte aux yeux des manipulateurs de -langue de- bois? Mais qui invite à nous poser d'autres questions:
Tous ces préliminaires d'abstraction, modélisation, simulation, si d'un côté ils peuvent aider à réfléchir -activité qui se fait rare de nos jours, voir billet A0018- d'un autre côté ne tendent-ils pas à retarder le moment fatal, celui où il va bien falloir que le système traite de vraies données avec de vrais utilisateurs ?
Napoléon disait:
"A la guerre comme en amour, à la fin, il faut se voir de près"
N'aurait-on pas intérêt à passer moins de temps à contempler en réunion nos schémas sous PowerPoint?
Les spectaculaires retards de certains grands programmes industriels dûs à l'informatique (réseau local du TGV Atlantique en son temps, câbles de l'Airbus A380, contrôle des moteurs de l'A400M) n'ont-ils pas pour partie leur origine dans l'écran que les ordinateurs dressent entre le virtuel et le réel?
Quelle est la part de l'informatisation quand de très gros projets comme les porte-avions anglais s'éternisent sur des dizaines d'années, alors qu'américains et japonais avaient mis bien moins de temps à concevoir et construire sans ordinateur ceux qui s'affrontèrent dans la bataille de Midway?
Contribution de l'informatique au désarmement, diront certains.
N'y-a-t-il pas une autre manière d'utiliser l'ordinateur, pour remettre l'homme au travail au pied du mur, plutôt que dresser un mur entre lui et la réalité?
En quelque sorte, utiliser l'ordinateur comme Amplificateur d'Intelligence" de celui qui est au pied du mur.
Et pensons encore une fois aux propos de notre phénicien:
"je vais vite car je n'ai pas de plans: comme ça je ne perds pas de temps à les regarder"
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