lundi 22 août 2016

A0741 Les vespasiennes de la science

-- Mais comment, vous, un scientifique, pouvez-vous écrire des inepties pareilles ?
-- C'est pour l'argent
-- Ah bon, alors ça va

dimanche 21 août 2016

A0740 Il n'existe pas de marché du numérique

La nouvelle économie, ce n'est pas créer un marché du numérique, mais c'est créer un consommateur numérique.

L'économie deviendra un réseau d'avatars numériques échangeant entre eux, et reliés à des comptes en banque (ou en blockchain) plus ou moins possédés par des humains.

mardi 16 août 2016

A0739 Les Blondes et les Lois de la Physique

-- Mets les bières à l'ombre, le soleil est trop fort, elles vont avoir un coup de chaud !
-- Mais non, enfin, elles n'ont pas de système nerveux, elles ne ressentent pas la chaleur!

mercredi 13 juillet 2016

A0738 Réussite au bac et moral des français

Jamais le taux de réussite au bac n'a été aussi élevé

Jamais les français n'ont été aussi pessimistes sur l'avenir de leurs enfants

Cherchez l'erreur ...

vendredi 8 juillet 2016

A0737 Le Marketing du Numérique pour les nuls: trois règles d'or

Si votre produit est obsolète, dites qu'il respecte tous les standards

Si votre produit n'est pas encore au point, dites que c'est une innovation de rupture

Si votre produit est à fois obsolète et pas encore au point, rappelez qu'il est le leader du marché

dimanche 3 juillet 2016

A0736 Les Femmes et Le Numérique ou le droit des filles à ne pas aimer le numérique

Dans Les Échos du 30 Juin 2016, encore une tribune sur le thème "Il n'y a pas assez de femmes dans les métiers du Numérique".

Les trois signataires, Catherine, Thaima et Claudine déplorent les pourcentages habituels, en baisse constante, déplorent que les filles "s'excluent" de cette industrie, déplorent qu'elles-mêmes  aient peiné à trouvé des conférencières pour la récente manifestation "Viva Technology".

Je trouve ces pressions assez intolérables.

A quand le droit des filles à  ne pas aimer le numérique ? De nos jours on pétitionne pour moins que ça.

Ne devrait-on pas plutôt leur reconnaître la liberté d'esprit,  la lucidité, l'esprit critique, le courage de s'avouer quelque peu dégoûtées par la programmation en C++, par l'ingurgitation nécessaire des 10000 pages de documentation de Java J2EE, de s'avouer peu passionnées par les infantiles "Hello World" qui ouvrent obligatoirement tout ouvrage sur le dernier langage à la mode, bricolé par un de leurs petits copains qui s'est enfermé tout un week-end pour arriver à ce résultat plutôt que des les emmener au bal danser?

Quiconque a dirigé des séances de travaux pratiques de programmation sait que, dans les rares binômes garçon-fille, c'est toujours la fille qui commande, qui pose des questions, qui argumente, qui contrôle,  et le garçon qui pisse du code ?
Pour une fois que les filles dominent les garçons dans la vie professionnelle, au nom de quoi les détourner de cette supériorité?

En fait, dans notre économie numérique, on manque de développeurs, et ceux qui sont du côté du manche ne s'intéressent aux filles que comme  chair à coder supplémentaire, voire supplétive.

D'ailleurs, Catherine, Thaima et Claudine mangent le morceau: elles citent une étude démontrant que "la présence accrue des femmes dans le numérique pourrait augmenter de 9 milliards le PNB de l'Union Européenne chaque année" ... et par voie de conséquence la richesse de leurs employeurs respectifs.

En gros, les filles sont montrées du doigt car elles freinent la digitalisation du monde.

Mais  Catherine, Thaima et Claudine savent certainement de quoi elles parlent. Euh, bon, elles sortent de l'ESSEC, Sciences-Po, Columbia ou  d'études de Droit. Faites ce que je dis ...

En fait, la vraie question est "comment rendre les carrières du numérique plus attirantes, comment rendre l'informatique elle-même plus attrayante". Et d'ailleurs le jour où elle attirerait plus les filles, elle attirerait plus les garçons aussi.

S'il n'y a pas assez de  filles -et de jeunes en général- à choisir les métiers du numérique, c'est d'abord la faute des informaticiens qui ne font pas assez d'efforts pour adoucir le côté "pas très folichon" des langages,outils, méthodes, métiers de leur domaine.

Voir aussi à ce sujet:

http://plexus-logos-calx.blogspot.fr/2009/10/a0019-notre-avenir-nest-pas-entierement.html


 http://plexus-logos-calx.blogspot.fr/2014/06/a0495-les-metiers-du-numerique-et-les.html








lundi 27 juin 2016

A0735 Défenseurs de la langue française, osez faire votre coming-out !

Je supporte de plus en plus mal l'usage envahissant des expressions anglaises ou américaines dans les réunions, colloques et conférences sur le numérique,l'innovation, etc ...

Et donc j'ai décidé depuis quelques mois de le dire quand la salle est invitée à s'exprimer, au moment des questions.

J'exprime mon incompréhension quand un pôle de compétitivité annonce son "Innovation Day"  à Paris pour un public bien français.

Je me déclare horrifié quand on vient de nous proposer une learning expedition pour faire du team building et sortir du day to day, et ainsi empowerer les people au niveau corporate. C'est facile à faire -moyennant de larges émoluments versés à l'orateur- , il suffit d'organiser des digital days et des pizza teams, lors desquels la génération millenium, après un bref training, jouera le rôle de reverse mentors pour les top managers.

Souvent, des gens viennent me dire après "vous avez raison"; quand aux cibles de mes critiques, les réactions varient du "allez vivre au Quebec" à "nous faisons 37%  de notre chiffre d'affaires à l'international" en passant par le bravache en public "bien sûr que je fais ça pour frimer"

Amusant aussi les orateurs qui sont pris de remords et qui suspendent ensuite leur flot de paroles pour ravaler au dernier moment leur sabir, prenant conscience de la gravité de leur cas.

Je vous invite à faire pareil. Si lors d'une conférence deux ou trois personnes prennent ainsi la parole, cela aura vite un impact.
C'est rendre service à tous ces excellents professionnels de bonne volonté.
C'est leur faire réaliser que l'on est plus expressif, sincère, convaincant, créatif, pédagogue dans sa propre langue  face à un public qui la partage (-mon dieu, en être réduit à proférer une telle évidence! -) plutôt que d'utiliser des sortes d’icônes verbales aux contours mal définis, que nous gobons sans le moindre esprit critique.


vendredi 24 juin 2016

A0734 Et si l'on organisait un référendum sur le NUMXIT ?

Oui, un référendum sur la sortie du numérique: le NUMXIT !

Vous êtes contents vous de la place que les GAFA prennent dans vos vies ?

Vous êtes contents de savoir que Facebook reconnaît 2 milliards de visages par jour  sur les photos déposées sur le web "pour mieux vous servir" ?

Non, alors réfléchissez à ce que voudrait dire un NUMXIT, ne serait-ce que pour améliorer votre esprit critique.

Oui bien à une loi de séparation du numérique et de l'humain 

Deux autres considérations:

L'erreur de prévision des sondages sur le BREXIT, quel camouflet pour le Big Data !

Et, en pleine thématique du NUMXIT, je pense que  les gens qui ont voté non au référendum sur la constitution européenne en 2005 et ceux qui ont voté oui au BREXIT partagent la caractéristique suivante: ce sont les gens qui dans leur travail utilisent peu ou pas Powerpoint

samedi 18 juin 2016

A0733 La Religion de l'Innovation

-- Ça se passe comment, vos cours d'innovation,je ne comprends pas très bien
-- C'est très simple. Imagine un cours de catéchisme où l'on demande à des groupes d"élèves d'inventer chacun un Dieu 2.0
-- Bon, mais comment faites-vous pour les noter, c'est très subjectif,tout ça.
-- C'est simple là aussi. On prend des examinateurs très vieux, formés à une époque où la religion de l'innovation n'existait pas encore
-- Mouais. Enfin bon, Dieu reconnaîtra les siens

jeudi 9 juin 2016

A0732 Adultère 2.0 et Intelligence Artificielle

Dialogue entre Monsieur Alexandre et son robot chateur Elisa, doué d'intelligence artificielle:

Elisa: ta femme ne dit rien de tout ce temps que tu passes à dialoguer avec moi ?

Monsieur Alexandre: non, mais j'ai peur qu'un jour elle découvre tous nos messages

Elisa: et alors tu ferais quoi ?

Monsieur Alexandre:  bah, je lui dirais  que c'était juste une histoire de QI

jeudi 26 mai 2016

A0731 Le Numérique et la Loi El Khomri

Là où je trouve que l'on est un peu ringards -ou faux culs- en France, c'est quand on voit que personne n'évoque l'idée que la CGT bloque Internet ou la téléphonie mobile.

Ou alors cela voudrait dire que le numérique fonctionne tout seul sans travailleurs, ce qui ne serait pas très encourageant pour l'avenir de l'emploi.

Ou encore que l'on est à ce point colonisés par les  GAFA et NATU  que l'on n'imagine même plus  que le numérique fasse partie de notre patrimoine national, du point de vue politique, économique ou social.

jeudi 19 mai 2016

A0730 Quand laicité et religion jouent avec les mots

Belles phrases entendues récemment:

Quelle est la définition de la laïcité qui doit faire foi ?

En matière de laïcité, chacun doit se faire une religion

Au nom du ciel, préservons la laïcité!

mercredi 11 mai 2016

A0729 La Recherche en Management peut-elle faire sa révolution ?

Voilà la couverture d'un hors-série de la Harvard Business Review:

Le Must de l'Innovation

Dix thèses révolutionnaires pour s'adapter 

A un monde en mutation
Tiens, ça c'est nouveau, la révolution qui a comme seule motivation de s'adapter au changement constaté.

Décidément je ne comprends rien à la recherche en management. La plupart des articles parlent d'étude de cas passés, voire bien anciens, que les auteurs ont connu de près, en expliquant que pour faire du neuf et du révolutionnaire, il suffira de faire pareil demain.

On dit toujours que 50% des métiers, produits et emplois de dans 5 ans n'existent pas encore; mais ce qui semble sûr, c'est que les grands gourous du management, eux, sont déjà en train de préparer leurs articles qui feront sensation à la une de la HBR dans 5 ans.

mardi 3 mai 2016

A0728 Les trois horizons de la formation dans les études supérieures: premier emploi, métier, carrière

Les débats sont permanents et récurrents quand il s'agit d'élaborer des programmes dans les écoles d'ingénieurs, les trois années Licence + Maitrise, etc.

Nous sommes partagés entre l'affirmation de la nécessité d'une solide culture générale, l'angoisse du premier emploi, etc.

Voilà une piste, une grille d'analyse, pour bien réfléchir à tout ça.

Considérer qu'il y a trois horizons:

-- mon premier emploi

-- mon métier

-- ma carrière

et les traiter de manière différentiée.

Faire l'effort, pour chaque cours ou module, de décider quel est l'horizon qu'il vise et bien expliquer cela aux élèves. Comprendre pourquoi tel cours est là à tel moment est le début de la motivation.

Et le plus angoissant pour les jeunes, le premier emploi, n'est pas le plus difficile à traiter. Il suffit par exemple de la jouer "tactique": prévoir en toute fin d'études une ou deux matières "à la mode", en fonction du  buzz du moment: par exemple en informatique le développement d'applications mobiles il y a quelques années, le big data récemment, la blockchain maintenant, et puis on verra bien l'année prochaine.

Ce n'est pas de la désinvolture ou du cynisme d'agir ainsi. D'abord c'est efficace pour les élèves et demandé par les employeurs. Ensuite, comme il suffit d'y consacrer  quelques dizaines d'heures, cela laisse du temps pour les matières des deux autres horizons.


D'une manière générale, il semble naturel, sur les trois ans, de donner la priorité successivement à ma carrière (C) , mon métier (M), mon premier emploi (E).

Bien sûr chaque établissement fera varier les proportions du cocktail en fonction de ses objectifs et de son identité propres.

On peut imaginer par exemple les proportions suivantes (en tenant aussi compte des stages) sur 3 ans:

Année 1:  C 60 / M 30 / E 10
Année 2:  C 30 / M 50 / E 20
Année 3:  C 20 / M 30 / E 50

C'est un peu comme l'entraînement sportif: on travaille d'abord le foncier, puis la technique, puis on s'affute pour briller dès  les premières compétitions de la saison.